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Bépo, la disposition de clavier francophone ergonomique et libre

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi votre clavier commence par « azerty » ?

Historique

Si l’on a aujourd’hui un clavier azerty et non abcde, c’est sans doute à cause d’un problème purement mécanique présent sur les premiers claviers des machines à écrire. En effet, lors de l’appui d’une touche sur ces dernières, une tige portant en son extrémité le caractère voulu venait frapper la feuille de papier, puis revenait à sa place. Cependant, le retour à la place initiale prenait du temps, et si deux touches contiguës étaient rapidement enfoncées l’une après l’autre, cela pouvait provoquer un blocage. Pour y remédier, on permuta les lettres de manière à éviter autant que possible que deux lettres successives d’un même mot soient l’une à côté de l’autre sur le clavier : le qwerty, puis sa version française très proche, l’azerty, étaient nés.

D’autres modèles de machines à écrire sont ensuite sorties, qui ne possédaient pas ce problème matériel. Hélas, pour que les possesseurs du modèle antérieur n’aient pas à apprendre une nouvelle disposition, on conserva l’ancienne.

Aujourd’hui, le qwerty et l’azerty sont vendus et utilisés massivement, même si le problème qu’ils résolvaient date plus d’un siècle et n’a plus de raison d’être sur nos claviers actuels.

Problèmes de l’azerty

Le principal problème de ces dispositions obsolètes est l’ergonomie, ce qui peut créer plus facilement des troubles musculosquelettiques.

Rappelons tout d’abord les bases de la dactylographie sur un clavier classique. Tout commence avec les touches de repos (sur un azerty : q ; s ; d ; f ; j ; k ; l ; m et la barre d’espace), qui sont celles que vous avez sous les doigts lorsque vous n’écrivez pas. À partir de celles-ci, vos doigts se déplacent de manière à accéder aux autres touches, chaque touche ayant son doigt associé.

Les caractères présents sur les touches de repos ont donc une importance énorme, puisqu’ils sont les plus accessibles. Or ce ne sont que des consonnes pour l’azerty, si bien que le nombre de mots que l’on peut écrire sans bouger les doigt est plus que limité !

D’autres problèmes apparaissent dès que l’on veut écrire correctement en français : il manque l’ apostrophe typographique (celle qui est courbe que l’on utilise en français), l’espace insécable, les points de suspension, les lettres accentuées majuscules…

Bépo

Et c’est ici que la disposition de clavier bépo intervient : en organisant les caractères selon leur fréquence d’utilisation et en proposant tous ceux nécessaires à l’écriture en français.

Si vous souhaitez apprendre à l’utiliser, commencez par tester votre frappe actuelle avec votre clavier azerty sur le site lecturel par exemple. Ensuite, ne tatouez pas votre clavier physique avec les nouvelles lettres, car le but est de ne pas le regarder. Imprimez plutôt la carte simplifiée de la disposition en bas d’une feuille format A4 que vous plierez en deux et poserez à côté de l’écran, pour pouvoir vous y référer lorsque vous en aurez besoin. Il ne vous reste plus qu’à installer la disposition, et apprendre à l’utiliser à l’aide d’un logiciel adapté comme Klavaro.

Une fois ces étapes passées, vous pourrez remplacer votre image de la carte simplifiée par celle de la carte complète, afin de connaître la position des caractères moins utilisés, mais indispensables.

Et pour finir, pourquoi ne pas retourner sur le site lecturel tester votre frappe sur les mêmes textes, avec la disposition bépo cette fois, et comparer avec vos performances datant de l’époque où vous utilisiez un azerty ?

Cet article est sous licence CC BY-SA.

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